2010 Amsterdam - Givet

Le grand jour est arrivé. Nous quittons Amsterdam pour ailleurs.  Un peu déçus de partir comme des sauvages, sans dire aurevoir à nos hôtes du chantier, ils étaient tous partis à gauche ou à droite sur d'autres continents.

L'idéal serait de faire un peu de route et laisser le bateau dans la région de Namurs, pour le reprendre plus tard. Mais évidemment ce n'est pas ce qui se produira.

La descente par les canaux en direction de Leiden se fait sans problèmes. Le port de Leiden étant complet nous continuons vers le sud. Nous avons de la peine à trouver des amarrages car tout est complet. Après deux jours de navigation tranquille nous arrivons à Rotterdam. En arrivant par le nord dans cette grande ville nous avons repéré le port de plaisance avant l'écluse du Maas, ce qui nous mettait à l'abris des marées. Nous y avons trouvé bon acueil et une bonne place pour deux nuitées, histoire de visiter la ville et le port.  La ville est certe intéressante, mais en un jour nous ne verrons quasiment rien d'autre que les monuments et édifices.   Par contre le tour du port que nous avons effectués, est grandiose, bien que moins impressionnant que prévu, vu l'étalement de la zône portuaire.

L'anecdote de cette visite est que lorsque nous remontions le Maas depuis son embouchure, en tenant bien la rive. Nous vîmes un remorqueur jaune se diriger droit sur nous. Lorsque je changeai ma trajectoire il changeait aussi, nous indiquant qu'il voulait entrer en contact.  Déjà échaudé par notre première sortie d'Amsterdam, j'étais vraiment sur mes gardes, à la limite de l'agressivité.  Dans un effort de maintient au calme, je me mis bord à bord avec eux. C'était un bateau de l'autorité portuaire.   A la question qui êtes vous, d'où venez-vous et ou allez-vous, j'ai répondu très poliment. C'est alors qu'ils nous on demandé de changer de rive et de naviguer à contre sens sur 1 km. car un très gros bateaux allait sortir d'un bassin sur la rive que nous empruntions. Ils nous remercièrent en nous souhaitant bon voyage. Eh bien voila une tension inutile...

Le lendemain nous devions partir vers l'amont. Arrêt à Doordrecht sur le coup de midi pour manger une bricole à bord. Alors que le bateau était bien ammaré au quai qui était 2 mètre plus haut, je sortis pour faire quelques photos.  Marianne préparait le repas. C'est alors que j'entendis en contre bas un immense patatras. Spicy roulait de bord sur bord avec violence, secoué par des vagues croisées au mauvais endroit. Tout était parterre dans le bateau, y compris le siège pilote.  Marianne m'accusant de l'avoir abandonnés dans un lieu dangereux. Après avoir rangé, nous avons déménagé pour notre repas, et avons bien rigolé de la situation précédente.

Nous reprenons notre route pour arriver au soir dans une marina de luxe, à Drimelen en ayant traversé les lacs et méandres de la zone de protection de la nature du Biesboch. Cette région est fantastique mais mériterait une traversée moins rapide.       La responsable de l'acueil nous donna une place accessible pour notre bateau.  Elle était contente de voir un viel "Amsterdammer" qui ressemblait à celui de son père.

Comme le temps disponible pour faire de la route se restreignait, nous avons opté de couper par l'intérieur via la canal pour rejoindre Maasbracht. Ce fût deux jours de navigation tranquiles mais pas grandioses.  En nous arrêtant à Tilburg nous fûmes surpris par le dernier pont tournant avant le port. En effet c'est le gardien du pont qui le fait pivoter à la main, au moyen d'une manivelle et certainement une énorme démultiplication vu l'importance de ce pont routier.  Ce fût le même personnage qui vint encaisser la taxe de port.  En voyant que nous étions suisses ils nous a raconté son voyage à vélo jusqu'à Genève.

En arrivant sur la Meuse (Maas) nous descendons pour la première fois une grande écluse (env.6 mètres) Celle-ci est équipée de bolars flotants ce qui facilite la manoeuvre.  Dans cette région il y a un nombre incalculable de ports et de bateaux. Nous passerons la nuit dans une grande marina, à côté du grand yacht blanc certainement de 60 ans plus jeune que Spicy.

Ici la Meuse est encore large et fait des méandres qui ont été courtcircuitées par un grand canal. Le écluses sont grandes et montantes pour nous, ce qui nous fait faire de la gymnastique pour passer les haussières de bolars en bolars, au fure et à mesure que le bateau monte.   La femme du capitaine ne trouve pas cela très drôle et décrète qu'elle ne veut plus franchir d'écluse.  En lui disant qu'elle en passera encore 2000 elle fit la moue et se résigna.

Les deux plus grandes écluses feront  environ 12mètre de montée.  Pour la première nous passerons par l'ancienne qui fait 55m de long. Les bateaux avalant sortant de celle-ci sont tous crépis de boue sur leurs flancs. Que se passe t'il là-dedans ?  Une fois entré nous comprennons vite que les bajoyers sont pleins de boue et surtout les  niches des bolars. Nos haussières sont pleines de boues à la sortie et les mains aussi. C'est promis Marianne à la prochaine occasion nous achèterons des gants !  Ce qui doit se passer pour les bateaux avalants est qu'il y a des poches d'air et eau qui se sont formées par le manque de certaines pierres  et les mauvais joints consituant les murs de cette écluse. Lorsque le niveau baisse ces poches doivent se vider violemment et projeter la boue comme des jets, contre les bateaux .  Nous l'avons échappé belle...

Vexation : à la seconde grande écluse se sera le sas principal qui nous sera ouvert après une bonne demi heure d'attente. Nous laissons passer deux commerces de 120m qui se rangent le long des bajoyers.  Je ne voyais pas comment je pouvais encore entrer dans cette écluse ?  Mais du haut de ses 12,4 m l'éclusier me fait signe de rentrer et de me mettre entre les deux gros. OK pour une manoeuvre prudente. Je rentre lentement dans l'écluse et au moment ou j'étais quelques 10 mètres derrière les gros, les voilà qu'ils poussent les gaz en avant, créant des énormes remous qui m'ont mis en travers sur bâbord (malgré nos 20 tonnes)..  J'ai bien essayé de remettre Spicy droit mais étant donné que ce bateau a une forte tendance à tirer à droite en arrière, je me suis retrouvé  face à la sortie (enfin l'entrée normanlement). Là, l'éclusier me fit signe d'attendre la prochaine bassinée. Je suis sorti fâché la que.. entre les jambes. Nous avons attendu une nouvelle demi heure pour repasser cette écluse, heureusement qu'avec des plaisanciers.

Fatigués par tout cela nous arrivons à Liège. Ce port n'acceptant pas les bateaux de plus de 15m, on nous donne une place à l'extérieur, sur le fleuve. Cela bougera toute la nuit.  De Liège nous arrivons à Huy sous la pluie et bien contents d'avoir fait poser des essuies glaces.

Le lendemain ce devait être notre étape finale, mais non...

Sur internet j'avais vu que l'on pouvait laisser le bateau dans cette ville, mais j'ai du déchanter, vu que les ports ferment à fin septembre. Le capitaine du port me donna à lire une affiche qui louait le port de Givet. Je téléphonais à ce port et au personnage de l'affiche, qui me dit OK pour un séjour prolongé.  Donc pas de halte à Namur et en route pour Givet, le temps restant se faisant court. Le jour d'après nous arrivions dans ce port de commerce, vide en cette saison, bien sûr.   Peut-être que Spicy restera là pour tout l'hiver ?

Cette partie de la Meuse est magnifique, le fleuve est plus étroit, les falaises qui plongent dans l'eau, les splendides demeures et châteaux sur les berges, Dinant et sa citadelle, les écluses plus petites et moins hautes. Encore une fois il aurait fallu faire ce parcours moin vite. Vivement la retraite pour pouvoir musarder à un rythme lent. Celui de la navigation intérieure.

Quelques semaines plus tard, le travail nous hapant, Spicy restera à Givet tout l'hiver, sous la bonne garde du responsable du port et aussi sous celle du mécanicien que nous y avons rencontré.

 

 

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