170224 Le DROGUISTE 30 à 1 ?

170224 Le DROGUISTE 30 à 1 ?

Voici la triste histoire d’une corporation qui a discrètement disparu ces 50 dernières années, sans faire de bruit et sans laisser de trace. Les anciens savent encore ce qu’était un Droguiste, mais aujourd’hui, s’ils en cherchent un, ce sera quasiment mission impossible. Pourtant ils existent encore ici et là.  Les jeunes ne savent même plus ce que ce mot veut dire. Dommage !

Pourtant le DROGUISTE en Suisse, est et serait aujourd’hui, comme hier le seul commerçant  eco-responsable auprès duquel le chaland pouvait et pourrait venir demander conseil, et recevoir une réponse précise sur un sujet donné de la vie courante ou de son métier.

De 30 à 1 en 2017, à Genève. C’est le nombre de Drogueries qu’il y avait dans cette ville entre 1960 et 2017. Ce métier se meurt, sans que personne ne puisse réagir.

Comment ce métier INDISPENSABLE a-t-il pu disparaître ?

C’est attaqué de toutes parts par la concurrence des commerces de grande distribution qui vendent de tout, sans réellement connaître le produit qu’ils délivrent au public. C’est attaqué par les pharmaciens qui voulaient avoir le monopole de la vente des médicaments, qu’ils ont aujourd’hui de toute façon perdu.  C’est attaqué par toutes sortes de commerces qui ont pris une des spécialités de l’assortiment du droguiste pour en faire un type de commerce spécialisé (magasins de santé, magasins de peinture).  C’est attaqué par la législation et réglementation qui n’ont pas reconnu le savoir et les connaissances du Droguiste. C’est attaqué par le prix des loyers qui ne permettent pas aux petits commerçants de vivre, dans un lieu stratégique commercialement parlant.  Enfin, c’est le style de distribution qui a changé. La manière d’acheter et consommer sans exactement savoir, ou plutôt en croyant savoir ce que l’on fait.

Le DROGUISTE est surtout un commerçant qui n’a pas su se mettre en valeur face à un monde qui a évolué très rapidement, face à un mode de consommation effréné, sans distinction de l’impacte écologique des produits consommés.

Savoir monayer son conseil, c’est ce que le Droguiste n’a pas su faire. Car utiliser juste un produit, ne serait-ce que ménager n’est pas toujours évident pour le client lambda que nous sommes tous. Aujourd’hui, on achète, on essaye, et si ça ne marche pas on achète autre chose, on essaye et si ça ne marche pas on essaye encore autre chose, ainsi de suite. Avec le conseil du Droguiste qui prenait le temps d’écouter le problème du client, et qui lui délivrait le produit juste, avec un mode d’emploi complémentaire à ce qui figure sur l’étiquette, le client savait ce qu’il achetait et devait faire en rentrant chez lui.

Le DROGUISTE était un touche à tout très spécialisé, autour de l’utilisation des produits complexes. C’était le lien indispensable entre les fabricants et les utilisateurs de produits chimico-techniques, qu’ils soient destinés aux artisans, au simple bricoleur ou à la ménagère.  Il savait ce qu’il vendait, ou, si nécessaire il orientait le client vers un autre spécialiste s’il ne savait pas. Pourtant, ce métier de conseil prend du temps et ne se vend pas. C’est entre autre pour ça que ce métier à disparu.

Le métier de DROGUISTE était complexe, il s’apprenait au fil des années et continuellement remis à jour par l’évolution de la technologie. Quatre ans d’apprentissage au sein d’une droguerie, puis trois ans de stage dans une droguerie toujours, une année et demi d’Ecole spécialisée en Droguerie et enfin un diplôme fédéral de capacité, était le bagage du DROGUISTE. Le cursus était très long en comparaison de ce que toutes ces études pouvaient rapporter au final. C’est aussi ce qui a perdu cette corporation.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur ce métier, sur les études, le savoir et les connaissances qu’il requérait, sur ce qu’il pourrait être aujourd’hui.

De nos jours, ce serait le conseiller éco responsable, indispensable lien entre les produits et le consommateur.

Voilà un brin de nostalgie de votre Capitaine, car celui-ci avant d’être capitaine, était DROGUISTE. Un métier qui ne lui était pas destiné, mais qu’il a beaucoup aimé. Il se souvient de ses clients et ses clients se souviennent de lui, ce qui n’est plus le cas des commerces actuels…

Peut-être que ce magnifique métier reviendra un jour en force. Mais il faudrait le réinventer…

PS : Si vous voulez en savoir plus sur ce métier, vous pouvez me consulter, via la rubrique « Commentaires »,en dessous du titre du blog…

***

 

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau