170210 Les embarcations de la honte

170210 Les embarcations de la honte

Envoyer de la chair à poisson par le fond ne fait pas peur, ni aux passeurs, ni aux fournisseurs de matériel de navigation et de secours. Des êtres sans scrupules fournissent des canots pneumatiques gonflables de piètre qualité (qualité jetable), ainsi que des gilets de sauvetage qui ne supportent pas le poids d’une personne, à des migrants.

Des pays asiatiques, européens ou candidats à l’EU, livrent ces objets sans vergogne, sachant pertinemment que si un coup de vent se lève, ou que si il y a trop de vagues, ce matériel ne tient pas le choc, en envoyant sans doute leurs passagers par le fond.

Les douanes maltaises sont tombées en 2015 sur un container venant de Chine et à destination de Misrata, qui contenait ces bateaux pneumatiques de dernière qualité. Etant donné que cette marchandise n’est pas illégale, ils ont dû laisser continuer ce container vers sa destination, et seulement alerter les organisations de surveillance.

Les milieux des secours maritimes ont largement constaté une dégradation de la qualité des embarcations gonflables, matériel qu’ils n’oseraient même pas qualifier de rafiots. Ces canots pneumatiques ne sont pas fait pour la mer, ce sont des radeaux de plage, disent-ils. Ces radeaux commencent à prendre l’eau après dix minutes de navigation, et, à bord il n’y a même pas de pompe ou d’écope. Les moteurs sont souvent à bout de souffle, et il n’y a pas toujours assez de carburant fourni. De plus les canots ont tendance à se plier en deux par le centre. Pour palier à ça, des passeurs couvrent le fond de planches pour soit disant rigidifier les embarcations. Ces mêmes planches crèvent le fond dès que le bateau commence à se plier avec les vagues.

Pourtant l’origine exacte de ces rafiots reste inconnue… mis à part la Chine…

En ce qui concerne les faux  gilets de sauvetage, ils  deviennent les « gilets de la mort »

La police turque à démantelé l’an dernier un atelier clandestin qui fabriquait des gilets de sauvetage qui n’étaient pas capables de supporter le poids d’un être humain. Des poursuites ont été engagées contre ce fabriquant établi à Izmir. Ce n’est bien sûr qu’un coup d’éclat, car combien d’ateliers de ce genre sont encore en activité ?

Pour les migrants qui doivent déjà payer cher leur passage incertain, leur fournir de tels gilets est purement une condamnation à mort en cas de mauvais temps !

Malgré les mauvaises conditions météo dues à l’hiver, de nombreux migrants et réfugiés continuent naïvement à entammer cette macabre traversée….

L’être humain est bien lugubre, lorsqu’il s’agit de gagner de l’argent… Il faut punir, les passeurs et marchands d'articles de mort, mais aussi informer les candidats au voyage vers l'Europe, qu'ici ce n'est pas vraiment l'eldorado...

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